Et puis Margaux

Nous étions cinq, et puis la vie a décidé de nous offrir une petite fille pour compléter notre famille. Tout au long de ma grossesse je me suis dit que cette petite âme voulait vraiment nous rejoindre, que nous devions respirer le bonheur et qu’elle avait envie de faire partie de notre histoire.

Je me disais qu’elle allait boucler la boucle et me réconcilier avec l’allaitement raté de Gabriel.

J’ai aussi pensé, dès que j’ai eu connaissance du sexe de ce bébé, qu’elle serait notre bébé miracle, celui que l’on n’attend pas mais qui nous fait dire qu’on pensait quand même à elle.

… Et puis Margaux …

J’ai beaucoup lu sur la naissance naturelle, les accouchements physiologiques … Je me sentais prête et armée pour accueillir ma fille de façon zen et non médicalisée dans la mesure du possible. Quand les premières contractions se sont faites ressentir, j’étais un peu anxieuse et je me demandais si j’allais réussir à aller jusqu’au bout !

Arrivée à la maternité en début d’après midi, tout était sous contrôle ! Des contractions très espacées mais aussi très efficaces, tout semblait indiquer que le travail ne durerait pas longtemps. J’ai pu prendre une douche bien chaude, malmener un ballon, écouter ma musique, marcher, m’allonger, me relever à ma guise, papoter pendant une demie heure avec une sage femme au sujet de nos vies de maman pour oublier les contractions …

Bref c’était parfait !

Vers 17h30, tout s’est accéléré, je suis passée en salle nature (salle d’accouchement prévue pour les mamans qui souhaitent vivre un accouchement physiologique). A partir de ce moment là je n’ai plus rien contrôlé, j’ai supplié la sage femme et mon mari d’appeler l’anesthésiste.

D’un ton entendu et en coeur, ils m’ont répondu « oui oui on l’appelle dans un instant … »

La sage femme me propose d’attendre quinze minutes pour être à dilatation complète, mais que si ce n’est pas le cas à ce moment là, elle me fera une « péri light ». Bien sûr je l’ai demandée tout de suite, en broyant la main de mon mari qui jouait parfaitement le rôle que je lui avais conféré : « allez ma chérie tu m’as demandé de ne pas céder à ta demande, tu vas y arriver ! ». Autant dire que sur le moment je le haïssais de bien vouloir m’écouter pour une fois !

Et puis 15 minutes plus tard, une sensation incontrôlable : une envie de pousser irrépressible qui m’a soulagée immédiatement. En quelques poussées ma poupée était là !

Alors effectivement ce fût rapide mais sur le moment, j’ai juré que je ne pourrais pas recommencer !

 

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Magique oui mais …

 

On m’avait dit que c’était intense, que le lien avec le bébé se créait immédiatement et de façon beaucoup plus forte … Mais moi ce que j’ai pensé sur le moment, c’est que j’étais tellement ailleurs que j’avais manqué l’accueil de ma puce dans les premières secondes. J’ai mis du temps à redescendre sur Terre et à réaliser ce qui venait de se passer.

Et puis cette fierté d’accoucher sans péridurale je ne l’ai pas du tout ressentie sur l’instant. Je l’ai demandée à cor et à cri, c’était donc grâce à ma sage femme et mon mari que j’y était arrivée.

 

Mais le temps passant, on oublie tout ça. Le lendemain, je repensais déjà à cet évènement avec affection. Je ne voyais plus la douleur mais le peu de temps qu’elle avait vraiment duré : 15 minutes dans une journée et dans une vie, ce n’est pas grand chose finalement. Je m’aperçois aussi que je suis beaucoup plus disponible pour mon bébé, j’ai pu prendre une douche le soir même, me lever la nuit pour la changer et la bercer. Et puis je suis beaucoup moins fatiguée que pour les garçons.

Quelques semaine plus tard, j’ai en plus perdu énormément de poids, comme si l’énergie dépensée pour accoucher sans péridurale permettait au corps d’éliminer beaucoup plus vite. D’après la sage femme qui m’a accouché ce jour là, nous dépensons l’énergie nécessaire à un marathon ! C’est dire, pour la grande sportive que je suis, l’intérêt de la chose.

 

Finalement, c’est une expérience à vivre

 

Aujourd’hui je retiens tous les côtés positifs de cet accouchement, mais je garde en tête que j’ai quand même pu accueillir beaucoup plus sereinement les garçons que Margaux. J’ai pu vivre pleinement mes trois accouchements sous péridurale justement dosée, attraper moi même mes bébés et les poser sur moi. En revanche, pour Margaux, j’ai été beaucoup plus en forme pour la câliner juste après l’accouchement mais pas sur le moment.

 

C’est vraiment une expérience à vivre en fonction de notre résistance à la douleur, je suis fière de l’avoir fait et surtout ce que je vous conseille c’est d’être entourée et préparée !

 

 

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14 thoughts on “Et puis Margaux

  1. Bravo Fred! Moi c’était sans péri mais non voulu donc pas préparée (du tout!) La grosse blague. Je t’avais dit que c’était faisable mais il fallait être préparé. C’est ce que tu dis et du coup ça appui mon choix si je dois vivre un second accouchement: no péri ! Plein de bisous

  2. Je n’ai pas eu le choix pour Ti’Loulou qui est né super rapidement. Quand nous avons quitté la maison, la douleur était très forte et je me.suis dit « vivement la péridurale ». Sauf que 20 minutes plus tard, c’était trop tard. Comme je n’y étais pas préparée du tout, je n’ai pas réussi à « gérer » les contractions, la douleur. Mais toute l’équipe médicale était là, l’infirmière respirait en même temps que moi, la sage-femme était aidante. J’ai été complètement sonnée par cette arrivée et je crois que si j’avais pu revivre un nouvel accouchement, je n’aurais pas tenté une nouvelle fois sans péridurale.
    Comme tu le dis, je pense qu’il faut vraiment être préparée à cette forme de naissance, être bien entourée.
    Tu peux être fière très fière de toi en tous cas.
    Et tu as une fiiiiiille !!!

  3. Moi aussi sans péridurale mais ce n’était pas par choix! Je me souviens de mon rdv chez l’anesthésiste! Je fanfaronnais que je voulais la peri et qu’il fallait être folle pour faire sans.
    Et je jour j pas le choix, rentré en salle de travail à 17h dilatée à 3! Donc le temps d’appeler l’anesthésiste et en fait il est arrivé à 17h45! Et à la fin de la pose c’était trop tard Owen arrivant. Il est né à 18h18!
    Je me souviens avoir pleuré car j’attendais tro ce soulagement et quand j’ai compris que c’était trop tard j’étais dépitée.
    Et en fait, je suis heureuse que ça se soit déroulé ainsi! Car j’ai pu apprécier la naissance de Owen.
    Et comme tu dis à 20h30, je pouvais me lever et bouger.

    Félicitations et bravo!

  4. Je ne pense pas qu’il y ait un mérite particulier à accoucher sans péridurale ni que l’on rate quelque chose en accouchant avec.
    Pour ma part j’ai demandé la péri qui… Pas de chance ne fonctionne apparemment pas sur moi (oui je fais partie m’a t-on dit de ces quelques femmes qui ne réagissent pas à cette anesthésie, bref pas de bol). Du coup je n’ai pas eu d’anesthésie et j’ai vécu l’enfer… Il y a eu des complications et la douleur était tellement intense que je voulais mourrir. La douleur est devenue tellement forte que j’en perdais la raison. Les sons qui sortaient de la bouche les personnes autour de moi n’était plus des phrases ni des mots. Ma tête roulait sur le billard. C’est indescriptible. La rencontre avec mon enfant en a été altéré aussi je pense…

  5. En fait, rien n’est jamais pareil et chaque situation est différente. J’ai accouché sans péridurale pour mon premier enfant et je crois que çà a un peu aggravé la situation car mon fils était en détresse respiratoire au tout début du travail, et il a fallu faire vite. La péri aurait pu m’aider un peu plus.

  6. mon troisieme est né sans peridurale car naissance express (1 min apres l’arrive a la maternité) je suis assez d’accord pour la suite, cependant pour moi ca naissance est un echec total, j’ai un total black out de son arrivée sur terre… C’etait trop violent pour mon cerveau clairement…. Apres ce n’etait pas un choix de ma part et ca change surement beaucoup de chose….

Un petit mot ça fait toujours plaisir :)