J’ai pleuré pour toi

J’ai pleuré pour toi que je ne connaissais pas.
J’ai pleuré pour toi qu’il appelait « Maman ».
J’ai pleuré pour toi et je ne sais pas vraiment pourquoi.
Je me suis assise au deuxième rang parce qu’il s’est assis là.
Je me suis assise au deuxième rang parce que je voulais être à côté de lui.
Je me suis assise au deuxième rang parce que nous sommes une famille.
Nous ne nous connaissions pas vraiment, voire même pas du tout, nous nous sommes croisées à quelques reprises dans nos vies respectives, mais sans jamais vraiment échanger.

Voilà le résultat d’années d’histoires incompréhensibles pour nous, les générations suivantes. Le résultat de pardons tardifs, et pour certains, pas encore demandé ou donné. Le résultat d’une pudeur bien trop grande pour nos petites âmes. Tout cela est résumé par ma vision de nièce-petite fille, complètement incomplète et pourtant …
Pourtant je vois les mines déconfites, les yeux rougis, les têtes baissées … Je vois des bonjours de circonstances, des accolades qui ont un air de « ah si seulement », des envies de se prendre dans les bras sans oser le faire, de la pudeur pour tous, de la tristesse et des regrets pour tous … Des vies gâchées, des inconnus qui ont envie de se reconnaître, des générations blessées …
J’ai entendu des gens dépeindre un portrait d’une femme dont je ne connaissais que le visage et le son de la voix.
 
Je lui ai tenu la main.
Pourtant je ne veux retenir que le meilleur, pour lui. Parce que nous sommes une famille, parce que nous avons nos histoires nous aussi, parce que nous avons combattu nous aussi, parce que nous sommes toujours là et ensemble. Parce que nous sommes plus fort que tout et, je l’espère, nous le resterons jusqu’au bout.
Je veux donner cet exemple à mes enfants, que lorsque nous sommes unis, nous sommes plus forts. Lorsque nous communiquons, tout peut s’arranger. Je veux qu’ils connaissent leur famille, qu’ils assistent à de grandes cousinades, qu’ils accompagnent tous nos moments de vie. Cet exemple je le tiens de mes parents et je ne saurai jamais trop les remercier pour ça.
Je me suis retrouvée là mais sans vraiment savoir pourquoi.
 
Je me suis retrouvée là pour lui tenir le bras au moment le plus fort.
 
Je me suis retrouvée là parce qu’un déjeuner est arrivé, enfin, juste à temps.
 
 Parce que nous avons entendu un « maman » tellement marquant que nous ne l’oublierons jamais.
 
Je me suis retrouvée là parce que tu étais notre famille et que nous sommes venus te dire que tout est derrière nous.
J’étais là parce que c’était toi, parce que nous nous sommes parlées avant ton départ, que nous avons partagé LE repas dont nous avions tous besoin pour avancer. J’étais là parce que j’avais tellement de choses à te dire, parce que j’aurai voulu revivre encore tellement de dimanche sur notre terrasse ou dans ton jardin.
J’étais là parce que je l’ai choisi et que j’aimerai que ce soit le signe de la paix …

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