Le temps d’attendre

Deux rendez-vous, à une heure et demie d’intervalle … je vais m’acheter un livre pour patienter. Je mets un quart d’heure à choisir, vu le prix je prends un livre de poche, c’est la librairie de la clinique, ils ne s’en font pas trop quand même. Je choisi « Le Philosophe qui n’était pas sage » de Laurent Gounelle. Je retourne dans la salle d’attente, je m’assieds sur ces satanées chaises inconfortables. Ils pourraient faire un effort quand même, pour une clinique toute neuve …
J’ouvre mon livre et je ne regarde même pas mon téléphone pour papoter un peu avec les copinautes, il n’y a aucun réseau, c’est inutile.
Entre rêve et réalité
Je lis quelques lignes, puis une discussion démarre à côté de moi : un homme, et une femme qui a un ventre proéminent, j’en déduis qu’elle est enceinte … forcément … et qu’elle est avec son mari … forcément … Je me replonge dans mon livre mais je n’arrive pas à me concentrer.
– Il y a du monde encore, j’espère qu’on ne va pas y passer deux heures …
– Oui j’ai pas que ça à faire moi !
Si vous saviez … l’obstétricien est parti faire un accouchement.
Je me replonge dans mon livre. Une femme rentre avec un enfant dans les bras. J’imagine que c’est son fils … forcément … Je lis deux lignes.
– Assieds toi il y a du monde, ne bouge pas et sois sage !
– Mais je veux courir !
– On ne court pas dans les couloirs, et arrête de crier !
Mon pauvre petit, tu vas devoir être patient … 
Je me replonge dans mon livre. Une femme entre dans la salle d’attente avec une grande pochette, un café, elle s’assied et commence à écrire sur un petit carnet. Tient on ne dirait pas une patiente. C’est peut être une visiteuse médicale, elle est bien habillée, une coupe de cheveux qui la met en valeur … Son téléphone sonne, tient elle capte elle, elle ne doit pas être chez le même opérateur que moi.
-Allo, allo ?
Puis elle sort. Bon finalement elle n’a pas beaucoup plus de réseau que moi …
Je lis quelques lignes. Un homme et une femme d’un certain âge entrent à leur tour en se tenant par la main. Ils sont mignons tous les deux. La femme prend un magazine. Son mari … forcément … lui chuchote quelques mots à l’oreille. Elle lui répond « peut être » sans lever le nez de sa lecture. Il lui murmure à nouveau quelques mots, « je ne sais pas » … Finalement il a l’air d’être plus attentionné qu’elle. Peut être qu’il n’est pas heureux, qu’elle ne l’écoute jamais … C’est peut être le genre d’homme à s’être marié par convenance, et à ne rien dire pour ne pas envenimer la situation. Est-ce qu’elle l’aime ?
Madame Souris c’est à vous !
Ah déjà ! Bon et bien au revoir mes douces pensées. Je referme mon livre, précipitamment, prends mon sac et file à mon rendez-vous. Quelques minutes plus tard, je ressors. Tout va bien comme d’habitude. Je m’assieds dans ma voiture et rentre chez moi.
Finalement, j’aurai lu trente pages de mon livre. Je ne sais même plus où je me suis arrêtée … J’ai rêvassé, j’ai imaginé, j’ai supposé. Mais si finalement tout ce que j’avais imaginé n’était que préjugés … forcément. Peut être qu’un instant de vie ne reflète pas la réalité … Et si …
C’est bon de rêver !

7 thoughts on “Le temps d’attendre

  1. j'adore faire ça dans les salles d'attente, rêvasser et imaginer des vies tantôt épiques, tantôt dramatiques selon mon humeur ! ça m'amuse et c'est toujours plus fun que le marie clair défraîchi de 2001 qui trône dans la salle d'attente 😉 j'ai imaginé les personnes que tu as croisé ce jour là en tout cas ! 😉

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